Comme on le sait, le gouvernement De Wever met en œuvre d'importantes réformes dans le domaine des pensions. Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement pour vous ? Les nouveaux chiffres du Bureau du Plan montrent qu'il s'agit d'une réduction considérable des revenus des (futurs) pensionnés. Découvrez ici pourquoi ces réformes sont si injustes.
Le « ratio de prestation » : pourquoi devez-vous le connaître ?
Dans le débat sur les pensions, le terme « ratio de prestation » revient souvent. Cela semble compliqué, mais c'est en fait très simple : il s'agit du rapport entre votre pension et votre dernier salaire.
Si ce ratio diminue, l'écart entre les retraités et le niveau de vie des personnes qui travaillent encore se creuse. Alors que les prix et les salaires augmentent, les pensions restent à la traîne. Selon le Bureau du Plan, ce ratio diminue pour les salariés, les indépendants et les fonctionnaires. D'ici 2070, nous serons donc collectivement beaucoup plus pauvres lorsque nous cesserons de travailler.
Qui sera le plus touché ?
Les chiffres ne mentent pas : les économies sont importantes et inégales.
- Les fonctionnaires sont les plus touchésEn supprimant les calculs avantageux (les « tantièmes ») et en calculant la pension sur l'ensemble de la carrière (45 ans au lieu des dernières années), la valeur de leur pension diminue de près de 12 %.
- Les salariés font d'importantes concessionsPour ceux qui travaillent dans le secteur privé, le ratio diminue de plus de 9 %.
- Les femmes sont les plus touchéesDans le secteur privé, les femmes sont plus durement touchées que les hommes. Ces mesures ne font qu'accroître l'écart entre les pensions des hommes et des femmes.
- Les indépendants échappent en grande partie à la règlePour les indépendants, le ratio diminuera de 3,1 % d'ici 2070. Pourtant, l'OCDE avait déjà dénoncé l'avantage injuste dont bénéficient les pensions des indépendants. Depuis 2021, ceux-ci perçoivent en effet une pension plus élevée sans cotisations proportionnelles.
Les économies cachées : prospérité et égalité
Le gouvernement affirme protéger les pensions, mais les petits caractères racontent une autre histoire.
- La dotation pour la prospérité disparaîtNormalement, les pensions – en particulier les plus basses et les plus anciennes – augmentent davantage lorsque l'économie se porte bien, tout comme celles des salariés. Le gouvernement gèle ce mécanisme, ce qui touche directement tous les retraités. Cela entraîne une baisse générale du ratio de prestations de 3 % d'ici la fin de cette législature et une économie de 380 millions d'euros. Cette mesure soi-disant temporaire entraîne une perte de pouvoir d'achat jusqu'après 2070, comparable à un saut d'index.
- Une pénalité en cas d'adversitéAuparavant, les périodes de chômage ou de maladie comptaient pour la pension comme si vous aviez travaillé (périodes assimilées). Le gouvernement limite désormais fortement cette possibilité. Ceux qui ont de la malchance dans leur carrière sont donc doublement pénalisés.
- Bonus-malus : un système trompeur Le nouveau bonus de pension semble attrayant, mais pour de nombreux travailleurs – en particulier les femmes et les personnes ayant un parcours professionnel irrégulier – il fonctionne comme une pénalité (malus) lorsqu'ils ne peuvent pas travailler assez longtemps ou assumer des responsabilités familiales. De plus, le fait que le bonus soit désormais exprimé en pourcentage plutôt qu'en montant fixe favorise les revenus les plus élevés. L'OCDE critique également la condition stricte des 35 ans de carrière, car elle a un effet dissuasif et accroît encore les inégalités.
Notre conclusion : ce sont les travailleurs qui paient la note
Le ministre Jambon affirme que ces réformes sont nécessaires pour éviter de nouveaux impôts. En réalité, elles compromettent la réduction du risque de pauvreté chez les seniors qui avait été engagée sous les gouvernements précédents.
Pour nous, ces mesures constituent une attaque directe contre le principe du statu quo, qui interdit toute détérioration significative des droits sociaux. En dissociant les pensions de la prospérité et en réduisant simultanément les périodes assimilées, ce gouvernement fait porter la facture du vieillissement de la population principalement à la classe ouvrière.
La solidarité est le fondement de notre société.
Ces chiffres montrent à quel point ce fondement est mis à mal. Nous exigeons une pension qui permette de vivre, et pas seulement de survivre.