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Qu’implique l’accord de gouvernement pour nos seniors ?

Qu’implique l’accord de gouvernement pour nos seniors ?

Dans la série dans laquelle nous examinons l’accord de gouvernement d’un œil critique, nous avons déjà attiré l’attention précédemment sur l’impact pour les malades et les pensionnés. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur les seniors, qui représentent pas moins de 20 % de la population. Que signifie cet accord pour eux ?

Quelles sont les conséquences concrètes et où sont les promesses qui avaient été formulées ? Nous nous penchons sur les projets que le gouvernement De Wever-Bouchez a mis sur la table pour eux.

1. Les apparences sont trompeuses

L’accord de gouvernement contient des promesses ronflantes comme 'la lutte contre la discrimination fondée sur l’âge' et l’engagement en faveur de la convention des Nations unies sur les droits des personnes âgées. Pourtant, la Belgique était absente récemment lors de la signature d'une résolution visant à créer un groupe de travail sur les droits des personnes âgées. La promesse visant à renforcer les soins pour la population vieillissante est totalement ébranlée par les économies de plus de 500 millions annoncées sur les soins de santé. L’accessibilité des services publics reste également un point d’interrogation. La promesse de services accessibles physiquement semble insuffisante pour des seniors qui ne sont pas familiarisés avec la technologie.

Le gouvernement promet également de s’atteler à garantir les transports publics, mais la SNCB doit réaliser plus de 650 millions d'euros d'économies au cours des prochaines années.

Quelles sont nos revendications ?

  • Des investissements dans les soins de santé, l’aide à domicile et les transports publics.
  • Des mesures fiscales adaptées pour les seniors, par exemple pour la mobilité et les titres-services.
  • L’arrêt de la privatisation dans les centres de repos et de soins : les soins doivent toujours avoir la priorité, pas le profit.

2. Le travail faisable, c’est du passé

Avec le durcissement des conditions d’accès aux emplois de fin de carrière et la suppression du RCC, la notion de 'métier lourd' est réellement mise à mal. Il s’agissait d’une promesse formulée dans le cadre du relèvement de l’âge de la retraite en 2014-2018. Cela pose un gros problème, surtout pour les personnes exerçant des métiers lourds, prestant du travail en équipes ou travaillant la nuit.

En raison de la suppression du bonus pension, il est désormais presque impossible pour de nombreux seniors d’atteindre l’âge de la retraite tant méritée.

Que proposons-nous ?

  • L’établissement de critères légaux clairs pour les métiers lourds, avec la possibilité d’un trajet de fin de carrière adapté.
  • L’application plus rigoureuse de la CCT 104 qui prévoit des plans pour l’emploi des travailleurs âgés.
  • Le droit à des formations individuelles pour éviter que les travailleurs âgés ne soient mis sur la touche.

3. Incertitude financière pour de nombreux seniors

Le chômage temporaire et la maladie vont être de moins en moins pris en compte dans la constitution de votre pension. Pour le RCC, le calcul est désormais basé sur un salaire fictif limité au lieu de votre dernier salaire.

Les femmes, les grandes victimes

L’écart entre les hommes et les femmes reste important dans le domaine de l’emploi : les femmes travaillent souvent à temps partiel et, en raison du manque de places dans l’accueil de la petite enfance, elles font des choix qui les pénalisent financièrement lors du départ à la retraite. Par ailleurs, les changements au niveau de la pension de divorce et de la pension de survie ne feront que creuser cet écart, entraînant un risque accru de pauvreté.

Qu’est-ce qui est important pour nous ?

  • Des campagnes d’information à la portée de tous et l’accompagnement des seniors dans leurs choix énergétiques.
  • Des logements locatifs durables et des investissements en énergie pour les locataires.
  • La modernisation des droits dérivés avec une attention particulière pour les isolés.

4. L’heure de la révolte a sonné

Le gouvernement veut économiser 23,3 milliards, mais il semble déraisonnable que la classe ouvrière doive en supporter les deux tiers. Les plus pauvres perdent plus de 2,8 milliards en lien avec l’enveloppe bien-être alors que les plus riches contribuent relativement peu. Ce système ne peut être le bilan final de De Wever.

La résistance porte ses fruits

Bon nombre des mesures décrites ci-dessus n’ont pas encore été ancrées dans la législation. Nous continuerons de nous opposer à ces mesures déloyales car la vraie grandeur d’une société se mesure à la manière dont elle s’occupe de ses membres les plus vulnérables. C’est la raison pour laquelle nous continuons de manifester !